Posted in Bach J.S. with tags Les Sommets on 25 janvier 2026 by René François Auclair
Sonates bwv 1030, 1032, 1034-1035.
Partita pour flûte solo bwv 1013.
Arrangements bwv 1013 et bwv 1030.
Enregistré à Doopsgezinde Kerk, Amsterdam en 1975.
Seon/Sony. 2012. 2cds. 97m.6s.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Sonate bwv 1030 en Si mineur
Sonate bwv 1034 en Mi mineur (Andante)
Partita bwv 1013 en La mineur (Allemande)
Le coeur de cet enregistrement légendaire repose sur la fameuse sonate en Si mineur bwv 1030. Bach a élaboré une grande conversation entre la flûte et le clavecin. L’Andante initial, véritable joyau noir du 18e siècle, est parcouru d’une plainte languissante, faite de chromatisme audacieux et chargé d’émotion. Qui de mieux pour en traduire l’essence que le flûtiste et chef d’orchestre Frans Brüggen? À mon avis, personne n’est arrivé à ce degré d’expression. Son interprétation est marquée d’un grand souffle qui fait ployer le discours, le fait fléchir à sa guise, offrant à son instrument une grande âme. Au clavecin, maître Leonhardt articule lentement et sûrement le texte pour en dévoiler toute la splendeur. Unique et poétique.
Posted in Bach J.S. with tags Les Sommets on 18 janvier 2026 by René François Auclair
6 Sonates bwv 1014-1019.
Sigiswald Kuijken, violon Maggini 17e siècle.
Gustav Leonhardt, clavecin Skowroneck d’après Dulcken.
Enregistré à Schloss Amerongen, Pays-Bas en 1973.
DHM. 1990. 77170-2-RG. 2cds. 94m.19s.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Sonate bwv 1016 en mi majeur
À la fin de mon adolescence, je me suis vraiment intéressé à la musique de Bach. Je voulais tout entendre de lui. À l’époque je ne connaissais rien du mouvement historiquement bien informé. Je m’étais procuré l’enregistrement de Henryk Szeryng et Helmut Walcha interprété selon la vieille tradition. La découverte du duo Kuijken/Leonhardt a changé ma perspective de cette musique. Une révélation. Étant jeune, je me suis tout de suite identifié à cette nouvelle manière de faire, qui abordait la musique baroque avec des idées neuves.
Désormais on va jouer Bach avec des instruments qui correspondent à son époque. Violons historiques, archets anciens, cordes de boyaux, et une volonté de s’approcher le plus possible du style de l’époque. Études des documents, des essais sur la manière de jouer, respect des annotations originales sur les manuscrits, tout a été scrupuleusement analysé et repensé.
La musique de Bach a pris un tout nouveau sens, celui de la pureté d’intention: plus pensif, méditatif et spirituel. Le jeu naturel de Kuijken, sans forcé quoi que ce soit, donne des ailes aux notes. La musique s’élève, se met à danser. Leonhardt au clavecin est impérial, d’un geste ample. L’articulation est détachée, libre et d’une grande plénitude. Cet album est la quintessence incarnée. Il peut paraître maintenant éloigné de nous, mais reste un phare inébranlable de l’interprétation à l’ancienne.
Szeryng/Walcha bwv 1016 (extrait) enregistré en 1969.
Posted in Bach J.S. with tags Les Sommets on 1 janvier 2026 by René François Auclair
Suites bwv 1066-1069.
Suite bwv 1070 (WF.Bach?)
Reinhard Goebel, violon et direction.
Wilbert Hazelzet, flûte traversière baroque.
Enregistré en 1982 à Cologne.
Archiv/DG. 1982. 415671-2. 2cds. 110m.32s.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Ouverture bwv 1066 en do majeur
Rondeau de la suite bwv 1067
Aria de la suite bwv 1068
Ouverture bwv 1069 en ré majeur
L’arrivée du Musica Antiqua Köln a bousculé les convenances de la musique baroque, jusque là guindée dans un style un peu trop confortable. Leur jeu enlevant et rythmé a dynamisé les oeuvres de Bach comme l’aurait fait un groupe de rock and roll! Cette version des Ouvertures est demeurée la plus flamboyante. Le souffle et la vivacité de l’interprétation fait danser la musique de Bach comme jamais. Un incontournable.
Posted in Bach J.S. with tags Les Sommets on 19 décembre 2025 by René François Auclair
Concertos Brandebourgeois bwv 1046-51.
Les Frères Kuijken, Frans Brüggen, Anner Bylsma,
Paul Dombrecht, Bob van Asperen et autres musiciens jouant sur des instruments originaux.
Enregistré à Doopsgezinde et Lutherse Kirk, Haarlem, Pays-Bas en 1976-77.
Ingénieur: Wolf Erichson.
Sony/Seon. 1997. SB2K62946. 2cds. 99m.39s.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Brandebourgeois no.1 Menuet
Brandebourgeois no.4 Presto
Brandebourgeois no.6
Gustav Leonhardt: « Si on réussit à être convaincant, l’interprétation paraîtra authentique. Si on cherche seulement à être authentique, on ne sera jamais convaincant. Ainsi puis-je espérer sincèrement que cet enregistrement ne sera qualifié ni de définitif, ni d’authentique. Plus essentielle est la question de la qualité artistique. »
On est d’accord sur un point avec maître Leonhardt: Cet album n’est pas la version définitive des Brandebourgeois! Quand on l’écoute aujourd’hui on se rend compte à quel point le temps a passé. Les rythmes qui frôlent parfois l’anémie, les violons anciens qui grincent, l’austérité de l’interprétation: la vision de Leonhardt et son équipe de baroqueux a vieillie. Mais, c’était l’âge du dépouillement, de l’articulation claire qui révèle la musique telle qu’elle est. En cela il fut un pionnier du renouveau baroque.
Les années 70 furent celles de la redécouverte passionnante des manuscrits originaux et la recherche d’authenticité, comme un retour à la nature des choses. C’était dans l’air du temps, on jouait Bach en chemise de lin et en robe paysanne, au lieu des tuxedos et des robes de gala! La Mecque hollandaise des légendes du baroque s’est retrouvée sous l’impulsion de Leonhardt et ont créé un son tout à fait nouveau. Cinquante ans plus tard, on savoure cette bonne vieille tisane aux fleurs avec nostalgie. Qu’en déplaise à Leonhardt, son album est demeuré le plus authentique qui soit.