Pachelbel, Johann (1653-1706) Canon en ré. Orchestre Jean-François Paillard.

Posted in Fasch, Pachelbel with tags on 3 novembre 2018 by René François Auclair

61xmAiw9-TLPachelbel: Canon en ré. Deux suites pour cordes.

J.F.Fasch: Concerto pour trompette en ré. Deux sinfonias.

Maurice André, trompette.

Jean-François Paillard, direction.

Erato. 1968. 4509-98475-2. 53m.15s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Canon pour cordes et continuo (arr. J.F.Paillard)

Concerto pour trompette de J.F.Fasch (1688-1758)

C’est Jean-François Paillard qui a popularisé le canon de Palchelbel il y a 50 ans. C’est l’un des disques classiques le plus vendu de tous les temps. Un demi-siècle plus tard, le charme fait encore son oeuvre, malgré l’aspect hyper romantique de son interprétation.

En bonus, l’inimitable Maurice André à la trompette dans le célèbre concerto de Fasch. Un son clair d’une précision éblouissante a consacré le musicien français dans ce bon baroque plein d’aisance. C’est également lui qui nous a fait découvrir ce contemporain de J.S.Bach.

Comme le canon en forme de cycle perpétuel, cet album sera encore là dans plusieurs années. Peut-être y aura t’il encore des gens à l’aube du 22e siècle pour l’apprécier. On l’espère.

 

 

Strauss, R. (1864-1949) Les Quatre derniers Lieder. Jessye Norman. Kurt Masur.

Posted in Strauss R. with tags on 21 octobre 2018 by René François Auclair

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Orchesterlieder

Enregistré à Gerhardt Kirche, Leipzig en août 1982.

Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Kurt Masur, direction.

Philips/Decca. 1983. 475 8507. 46m.05s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Im Abendrot 

L’album est paru il y a 35 ans. Il est demeuré l’un des plus grands de l’histoire du disque. Jessye Norman est au sommet de son art. Elle a alors 37 ans. Elle est noire et américaine. Elle chante en allemand. Mais lorsqu’elle reprend les quatre derniers lieder, tout s’estompe, les frontières entre les humains s’évanouissent. C’est l’amour de la musique qui triomphe.

Im Abendrot est comme un crépuscule des dieux qui s’éteint doucement. Il nous transporte avec lui vers l’infini. Lorsque les alouettes se dessinent aux flûtes dans les dernières mesures, c’est le moment ultime de béatitude qui nous berce. Un instant de perfection. Kurt Masur a offert à ce poème une respiration symphonique d’une ampleur inégalée, d’une longueur ineffable. C’est la mort, transfigurée par la beauté. Indispensable.

 

Im Abendrot (Dans le rouge du couchant) de Joseph von Eichendorff (1788-1857)

A travers les peines et les joies,
nous avons marché, la main dans la main.
Maintenant nous nous reposons tous deux
dans le pays silencieux.

Autour de nous les vallées s’inclinent,
déjà le ciel s’assombrit.
Seules, deux alouettes s’élèvent,
rêvant dans l’air parfumé.

Viens-là et laisse les tournoyer.
Bientôt il sera l’heure de dormir.
Viens, que nous ne nous perdions pas
dans cette solitude.

Ô calme incommensurable du soir,
si profond dans le rouge du couchant !
Comme nous sommes las de marcher !
Est-ce peut-être ceci la mort ?

 

Sibelius, Jean (1865-1957) Les Symphonies. Helsinki Philharmonic. Paavo Berglund.

Posted in Sibelius with tags , on 22 décembre 2017 by René François Auclair

91jd980dtuL._SL1500_Les sept symphonies (1899-1924)

Poèmes symphoniques: Océanides, Finlandia, Tapiola, Kullervo…

Enregistré entre 1984-1987 au Culture Hall à Helsinki, Finlande.

Parlophone/Warner. 2017. 0190295869151. 5 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Vivacissimo et Finale de la 2e symphonie op.43 

Allegro moderato de la 3e symphonie op.52 

Paavo Berglund (1929-2012), chef finlandais émérite, a probablement réussi sa plus belle et convaincante incursion dans l’oeuvre symphonique du grand Sibelius. On sent la connivence avec l’orchestre d’Helsinki, robuste et intense, et cette proximité avec le compositeur finlandais, dans une vision enracinée par la tradition et les valeurs de ce créateur singulier. Le chef dispose devant lui d’un orchestre aux sonorités rugueuses et vives. Il en exploite toute la charge émotive par une prestation engagée des musiciens qui semblent vivre, sans compromis, toute la musique de Sibelius.

Les symphonies de Sibelius sont remarquables en tous points. Autant au niveau de leurs formes imprévisibles que par la description d’une nature sauvage et impitoyable. Mais il y a aussi dans cette musique, un désespoir profond sur fond de guerre… Sibelius se tournera alors vers les forces de la nature pour s’y soustraire. Cette volonté se traduira par des hymnes triomphants et inspirés qui feront de lui un héros national (Finlandia op.26 et Finale de la 2e symphonie par exemple)

Sa musique, d’une grande richesse, nous invite à un périple étonnant au coeur de ce pays de glace et de forêts. Supportée par des progressions tonales déstabilisantes et imprévisibles, la musique de Sibelius s’éloigne des parcours déjà tracés. Parfois, au cours de ce pèlerinage, l’auditeur s’abandonne aux plus fortes images. Il s’arrête à l’improviste devant un paysage fait de grands espaces blancs, pour s’engager ensuite dans une lutte éprouvante contre les vents mordants du froid, pour enfin se retrouver dans la nuit devant la plus exaltante des aurores boréales. C’est le triomphe de l’esprit humain devant le grand inconnu. C’est un peu tout ça Sibelius… Le plus original compositeur et symphoniste du 20e siècle.

Tchaikovski et Sibélius. Concertos pour violon. Lisa Batiashvili. Daniel Barenboim.

Posted in Sibelius, Tchaikovski with tags , on 15 décembre 2016 by René François Auclair

71bhige2spl-_sl1200_Tchaikovski (1840-1893) Concerto en ré majeur op.35

Sibélius (1865-1957) Concerto en ré mineur op.47

Staatskapelle de Berlin. Daniel Barenboim, direction.

Enregistré en 2015 et 2016 à Funkhauss Nalepastrase, Berlin.

Deutsche Grammophon. 2016. 4796038. 70m.11s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro vivacissimo de Tchaivoski

Allegro ma non tanto de Sibélius

J’essaie vainement de trouver un mot pour décrire ce disque sensationnel…Ahurissant peut-être? Non, ce n’est pas convenable. Extraordinaire? Non, trop banal. Bref, j’ai lâché prise. Et puis j’ai pensé à ce vieux Edgar, Fruitier de son nom. En parlant d’un disque qu’il aimait particulièrement, parfois il déclarait avec sa verve légendaire… »cette musique m’a complètement détruit! »

C’est le cas ici. Un violon au pouvoir ensorcelant. Magie noire ou blanche, je ne sais pas. Transcendant, renversant, conquérant. Ah, voilà je trouve les mots maintenant! Cette nouvelle collaboration de la violoniste géorgienne avec le vieux Barenboim fait penser à un autre jumelage légendaire…Mütter-Karajan. Et maintenant l’on souhaite longue vie à ces deux musiciens. Que la Deutsche Grammophon puisse en profiter avant qu’il ne soit trop tard!

Autant la violoniste est d’une expressivité inouïe, autant le Staatkapelle combine des forces incroyables à son interprétation. Le Sibélius est à mon avis, une des plus grandes interprétations qui soient. Un vertige continuel, où la nature hors de contrôle est d’une telle fatalité, qu’il produit sur nous un drame parfois terrifiant. L’adagio di molto est indescriptible, tout simplement… Tandis que le dernier mouvement, que l’on considérait injouable lors de sa création en 1903, nous ramène dans le folklore cher à Sibélius auquel il accorde des pulsations singulières. Quant à Batiashvili, elle donne tout ce qu’elle a… Prodigieux moment qui nous renverse.

Daniel Barenboim offre à Tchaikovski des tempos très larges en respiration, presque improvisés, dans l’admirable allegro molto. Et la violoniste s’y plonge sans retenue, nous entraînant dans un maelström d’un romantisme grandiose. C’est plus que de la musique russe, mais un hymne au bonheur. Un des meilleurs disques de l’année 2016 unanimement acclamé.